On partira dans un Van ridiculement pourrit, pour visiter toutes les villes du monde, qu'on repeindra chaque jour d'une couleur différente. Avec des fleurs. Des grosses fleurs. On volera nos fruits et on fumera des Lucky Strike sur la plage. On portera pas de soutiens-gorge et attachera jamais nos cheveux. On partira avec la sono qui nous enivrera sous le soleil de juillet. Loin de la pluie de la ville. Loin de tout ça. On écrira notre nom sur le sable et tu jouera de la guitare. On sera comme ça. Des Hippies.
Ce soir je m'en fiche que tu mentes. Je m'en fou. Ce soir je balance tout par la fenêtre. Ce soir je te veux, je veux ta tête sur mon ventre. Je veux ton souffle saccadé dans mon cou. A tous ses mots que tu fais valser sur mon corps, ce soir, je te voudrais.
J'aurai aimer te les dire, ces jolis mots qu'on crayonne sur un papier trop abimé. Les faire jaillir de ma tête, mais j'ai un peu froid... Oublier le compte à rebours. Je ne fais que t'étaler mes rêves sur une page web. Tu sais. Je ne sais faire que ça. J'aurais aimé t'écrire des mots d'amour, parce que le reste c'est pas grand chose.
Je veux te les dire maintenant, je n'ai plus honte. Je veux te conter mon histoire toute la nuit.
T'es arrivé comme ça, sans rien dire, comme les flocons qui s'entremêlent dans mes cheveux. Résignée à ne pas te croire lorsque tu m'as dit qu'on était deux paumés sur un banc et que quitte à être perdu, autant l'être tous les deux. Je ne saurai jamais vraiment qui tu es, et tu m'aimes pour ce que je ne suis pas. J'aurai peut être du répondre au moment où tu m'as dit que, le soir tu essayer d'entendre mes éclats de rire, de voir les courbes de mon corps, et que tu te surprenais à parler comme moi. J'aurai du me lever, te regarder, te percé de mon regard, parce que peu importe si tu m'aimes, je suis là dans tes bras, tes doigts entrecroisés avec les miens. Je n'ai rien dit. J'en ai rêver cette nuit. Cette nuit j'ai perdue tout ce qui me constituait. Cette nuit, au plus profond de mon sommeil, tu m'as chuchoter à l'oreille que demain n'étais plus bien loin et que nous partions. Que tu m'emmenais, loin. Dans ce Van ridicule. Que c'était enfin le bonheur. Qu'on était plus paumé maintenant. Qu'on était deux. Que ce qui empêchait les gens de vivre ensemble c'était leur connerie, et que, nous, ça ne nous atteignait pas. Tu m'a dit je m'en vais, comme un murmure, une caresse, ou plutôt, non, une cassure, une crevasse sous mes semelles. J'ai eu les yeux noyés, vue sur l'océan, la mort, le vide. J'avais le feu au coeur et les lèvres en sang. Sentiment aussi facile à évoquer et difficile à comprendre.
Alors ce matin, l'esprit encore remplit de sommeil, j'ai penser qu'il fallait que je te le dise. Que tout ça sorte. Que tout ça s'expulse de mes poumons. Et que tu reste. Je veux te le dire et non promettre que tu les entendes. Les promesses c'est bon pour les lâches. Pour les naïfs et les fleurs bleues. Moi je veux être folle, délurée.J'aurais aimé t'écrire des mots d'amour, parce que le reste c'est pas grand chose. Parce que j'ai plus peur maintenant. Les couples aux mots édulcorés ne me donnent plus la nausée, comme un gâteau trop lourd. Ça ne m'écorche plus les artères. Je ne veux pas qu'il soit trop tard pour nous, pas encore une fois. Tu ne le mérites pas. Je ne veux pas me retrouver dans une impasse, que mon c½ur meurt dans cette rue. Je ne veux pas venir crevée sous ton nez. Tu es là maintenant, tu es là. Ma plus belle bataille. Comme les flocons qui s'entremêlent dans mes cheveux. Tu es là.
"Me serrer dans tes bras, comme si ta vie en dépendait..."